Vous vous demandez peut-être comment gérer les comportements difficiles de vos enfants : un coup, une morsure, des pleurs à répétition, une agitation excessive ou inhabituelle, piquer le jeu d’un copain, des cris… mais aussi la passivité, le repli sur soi…
En tant que professionnelles de la petite enfance, nous y sommes confrontées quotidiennement et souhaitons réagir le mieux possible à ces situations.
Nous avons fait appel il y a quelques temps à Elise DEROUBAIX pour une Formation en interne à Kiddy Crèche sur « les comportements difficiles chez le jeune enfant ». Son intervention nous a été très utile et nous souhaitons aujourd’hui partager ce que nous retenons à ce sujet.
En deux mots, pour vous aider à gérer les comportements difficiles : il convient de mieux en comprendre les causes et de disposer de clés actionnables pour mieux y faire face.
Comprendre les causes des comportements difficiles
La difficulté à exprimer ses émotions
Les enfants vivent des émotions fortes qu’ils ne savent pas encore bien exprimer.
Léo, 2 ans, fait une crise à la crèche tous les jours après la sieste. En fait, il a souvent soif et ne sait ni reconnaitre la soif ni comment le dire clairement. Il traduit toutes ces émotions négatives et besoin non satisfait de la manière qu’il maitrise le mieux : les cris.
Le cerveau des jeunes enfants est en plein développement et non mature. Ils n’ont pas la capacité de tout interpréter comme un adulte et notamment tout ce qui relève des émotions. L’acquisition de la gestion des émotions se fait jusqu’à 25 ans !
Il est donc important d’essayer d’identifier chez son enfant quelles émotions sont en jeu par le biais de son comportement pour arriver avec lui à communiquer positivement. Cela aide aussi énormément à relativiser : l’enfant n’agit pas par provocation ou pour vous énerver !
Les étapes du développement
Le développement de l’enfant entraine nécessairement des comportements que nous qualifions de difficiles mais qui n’ont rien d’anormal.
Par exemple,
Entre 18 et 20 mois, le développement moteur est intense, l’enfant gagne en autonomie et nous pouvons donc faire face à davantage d’agitation.
Entre 2 et 3 ans, l’enfant a besoin de montrer qu’il existe, des phases d’opposition apparaitront.
La recherche de limites
Les enfants testent souvent les règles pour comprendre ce qui est acceptable.
Exemple : Amélie, 2 ans, touche tout ce qui est interdit. Ce n’est pas pour embêter ses parents, mais pour voir jusqu’où elle peut aller.
En conclusion, pour arriver à sortir de ses situations, il nous faut repérer ce qui est en train de se jouer : s’agit-il d’une émotion négative, d’une nécessaire étape dans le développement ou encore de la recherche de limites qui le sécuriseront ? Nous saurons bien mieux réagir si nous l’avons compris.
Savoir comment gérer les comportements difficiles
En tant que parents, face à ces comportements, il est primordial d’être en accord sur la façon de répondre à l’enfant et de tenir un même discours ! Et ceci, même si nous avons tous des degrés de tolérance divers face aux comportements de nos petits.
Voici quelques clés qui pourront vous aider à surmonter certains moments difficiles :
Maintenir la patience et rester calme
Garder son calme permet de désamorcer la situation avant que l’enfant ne s’énerve davantage. Exemple : Lorsqu’Arthur, 18 mois, jette ses jouets, sa mère respire profondément avant de réagir calmement et poser des limites, évitant ainsi d’alimenter la crise.
Parfois, laisser un moment à l’enfant pour se recentrer peut éviter d’escalader le conflit et de donner un temps aux parents pour prendre du recul. Exemple : Paul, 3 ans, crie fort quand il est contrarié. Sa mère lui propose un coin calme pour qu’il se ressaisisse avant de discuter.
Aider l’enfant à verbaliser ses émotions
Les enfants doivent apprendre à exprimer ce qu’ils ressentent plutôt que de passer par des comportements difficiles. Il est important de verbaliser à l’enfant ce que l’on entend de son comportement et de laisser la place à l’enfant de verbaliser. On peut par la suite lui expliquer et souvent réexpliquer comment il aurait pu faire autrement.
=> C’est ACCOMPAGNER l’enfant à mieux se CONNAITRE.
Exemple : Quand Mila, 2 ans, tape parce qu’elle est en colère, sa mère lui apprend à dire « Je suis en colère » plutôt que d’agir physiquement.
Cette compétence doit être pratiquée au quotidien, et le moment d’une crise n’est pas toujours le plus profitable pour s’entrainer !
Consacrez plutôt des moments ritualisés, au calme, pour parler avec l’enfant de ce qu’il a ressenti durant la journée. Exemple : Le soir, Léa, 5 ans, parle avec sa maman de ce qui l’a rendue triste ou heureuse à l’école, l’aidant à mieux gérer ses émotions.
Fixer des limites claires
Les enfants ont besoin de règles simples et cohérentes qu’ils peuvent comprendre facilement. Exemple : Lucas, 5 ans, sait qu’il doit ranger ses jouets avant le dîner, car ses parents lui ont toujours expliqué cette règle de manière constante.
Expliquez à l’enfant les conséquences directes de ses actions sans le punir de façon excessive. Exemple : Si Noé, 3 ans, renverse son jus, sa mère l’aide à comprendre qu’il doit essuyer pour réparer son erreur.
Vous pouvez consulter notre vision de l’éducation positive dans cet article de blog.
Quelques exemples pour vous inspirer
Proposer des choix limités pour encourager l’autonomie
Donner des options encadrées à l’enfant l’aide à se sentir responsable et réduit les crises. Exemple : Nathan, 3 ans, ne veut jamais s’habiller le matin. Ses parents lui proposent deux tenues, ce qui lui donne un sentiment de contrôle.
Dans le cas de pleurs répétés d’un bébé
On peut penser au phénomène de contenance physique et psychique. Le bébé exprime son besoin d’être entouré. Vous pouvez l’aider en attirant son attention sur un objet et finir par tout doucement le laisser retrouver son jeu libre, seul, tout en étant présents avec la voix. Après l’avoir fait à plusieurs reprises, l’enfant retrouvera sa sécurité.
Dans les difficultés de partage avec d’autres
Lorsque des enfants se disputent un même objet, l’adulte peut se montrer plus présent pendant un temps pour faire modérateur. Il est là pour instaurer les règles dès le début et instaurer le «chacun son tour ». Proposer une nouvelle activité pour l’enfant qui se sent lésé, c’est aussi faire diversion. Cela permet de détourner l’attention sur autre chose que la possession du jouet.
Dans les moments de colère
L’enfant exprime peut-être par ses cris le besoin d’avoir un temps pour lui dans un espace défini et délimité qui lui appartient avec une activité ou un jouet particulier.
En conclusion,
Pour gérer les comportements difficiles des enfants, il s’agit essentiellement de faire preuve de patience et de compréhension !
Car tout cela finira par passer, d’autant plus facilement que l’on comprend ce qui se joue derrière ces agissements et que l’on donne l’exemple en verbalisant et en restant calme.
Marjorie Fredon
Co-fondatrice de Kiddy Crèche
Infirmière et Référente santé des Kiddy-Crèches
Une réponse
Super intéressant 🙂